A la découverte du monde fongique - En complément à l'exposition
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Ceci est le texte intégral,  provenant de la brochure éditée par l’IBGE et actuellement épuisée, raison pour laquelle nous avons mis le texte en ligne
J'attire votre attention sur les règles élémentaires de respect et de protection des champignons : cliquez ici

Qu'est-ce qu'un « champignon » ?

Ce qui est couramment appelé champignon, n'est en fait qu'une petite partie du champignon, son organe reproducteur que les scientifiques appellent : « sporophore ». Le reste, l'essentiel du champignon, est constitué de très nombreux et très fins filaments généralement enfouis dans le sol. L 'ensemble de ces filaments est appelé le « mycélium ». Lorsque la saison et l'humidité s'y prêtent, le mycélium produit hors du sol un sporophore. Pour nous, c'est la saison des champignons mais pour être précis, il faudrait dire la saison des sporophores. Ce sporophore permet la diffusion des spores au loin grâce au vent, à la pluie, aux insectes et à divers autres animaux. Après leur dispersion, les spores peuvent germer et donner naissance à un mycélium. Après fusion de celui-ci avec un autre mycélium, la production de sporophores peut avoir lieu.

Lorsque vous cueillez un champignon (un sporophore), vous lui enlevez son organe reproducteur !

Indispensables à la survie de nos forêts

Les champignons ne sont ni des animaux, ni des plantes. Contrairement aux plantes, ils ne disposent pas de chlorophylle et ne sont donc pas en mesure de créer leur propre matière organique par photosynthèse. Comme les animaux, ils doivent donc se nourrir. Il y a trois manières différentes pour les champignons de se nourrir.

Les champignons saprophytes sont les grands nettoyeurs de la forêt. Grâce à eux, les feuilles, les branches et les arbres morts sont recyclés en nouvelles substances alimentaires pour le champignon lui-même mais aussi pour les autres organismes de la forêt. Des exemples de saprophytes sont les Polypores et les Hypholomes.

Les champignons symbiotiques (ou mycorrhiziques) sont des champignons dont le mycélium s'associe aux racines des arbres. Le champignon reçoit de l'arbre des hydrates de carbone et, en échange, il fournit l'arbre en eau et en matières nutritives de base. Pour l'arbre, le champignon offre une protection contre la sécheresse, les métaux lourds et les maladies des racines. Certains champignons ne vivent en symbiose qu'avec une seule espèce d'arbre, d'autres sont moins spécialisés. L'Amanite tue-mouche est un symbiote du Bouleau mais aussi d'autres arbres alors que le Bolet élégant est un symbiote spécifique du Mélèze.

Les champignons parasites vivent aux dépens d'autres organismes vivants et exploitent leur hôte, de sorte que celui-ci subit toujours l'une ou l'autre forme de dommage. Tel est le cas du Bolet parasite, parasite d'un autre champignon, le Scléroderme commun et du Cordyceps militaire, parasite des chenilles et chrysalides de papillons. L'Armillaire couleur de miel attaque des arbres en mauvaise santé pour s'approvisionner en nourriture. À terme, il peut provoquer la mort de ceux-ci, laissant la place à ceux qui sont en meilleure santé. C'est ainsi que sont assurés la dynamique et le rajeunissement de la forêt.

Par ces 3 modes de vie différents, les champignons constituent un chaînon essentiel dans les cycles biologiques complexes de la forêt. Par ailleurs, les champignons servent également d'abri et de nourriture pour les insectes, les vers, les mollusques, les chevreuils et une multitude de petits animaux forestiers tels que les campagnols et les écureuils.

Sans champignons, il n'y aurait pas de forêt !

Indicateurs

Chaque espèce de champignon croît dans des conditions de milieu bien déterminées. Cette préférence est liée à la végétation herbacée, aux arbres, à l'épaisseur de l'humus et aux types de sol. Les champignons sont donc de bons indicateurs de leur environnement, ils disparaissent si le milieu se modifie. Recenser les champignons permet dès lors de bien évaluer la qualité d'une forêt.

Les champignons menacés ?

La « mycoflore », c'est l'ensemble des espèces de champignons qui apparaissent dans une zone donnée.
En Région de Bruxelles-Capitale on compte plus de 1200 espèces de champignons. Et chaque année on en découvre de nouvelles.
La vie en symbiose des champignons avec les arbres, ainsi que la décomposition de la matière organique morte, sont essentielles à la survie des forêts. On a constaté ces dernières années une régression de la mycoflore en Europe. Cette perte est due principalement à la destruction des habitats, à l'assèchement, à l'utilisation des engrais, à l'acidification du sol, aux dépôts d'azote et à la pollution de l'air. En outre, les champignons sont menacés par des modifications dans la gestion des forêts et par la cueillette excessive. La baisse de la vitalité des champignons aura forcément une influence sur la vitalité de la forêt. Protéger les champignons, c'est donc protéger l'ensemble de la forêt.
Il n'est pas établi clairement que la cueillette de champignons nuise à la survie des espèces. Mais il existe actuellement une mode sans précédent de cueillette des champignons, en particulier chez les citadins. Dans les forêts périurbaines très fréquentées, il est probable que cet afflux de cueilleurs ait, à terme, un effet sur les espèces les plus recherchées ou les plus rares.
En outre, lorsque l'on cueille des champignons, on s'écarte des chemins, ce qui peut endommager la végétation et entraîner une perturbation et un tassement du sol et de l'humus. Le mycélium du champignon peut ainsi être fortement endommagé, ce qui peut entraîner la mort du champignon

Sauvegarder les champignons pour sauvegarder la forêt, cela dépend aussi de chacun d'entre nous.

Le code de bonne conduite :

En respectant les règles suivantes, vous pouvez contribuer à la protection des champignons et de la forêt.

· Le mieux est de ne pas cueillir de champignons. Profitez simplement de leur beauté et des couleurs dans la forêt...
· Toute cueillette à des fins commerciales est strictement interdite.
· Si vous cueillez, préservez le milieu où croissent les champignons qui sont la source de votre plaisir : limitez les dommages à la végétation, à l'humus et au sol. Ne vous éloignez pas trop des sentiers.
· Ne cueillez pas plus que ce dont vous avez besoin. Cueillez seulement la quantité de champignons que vous êtes sûr de consommer le jour même.
· Cueillez uniquement si les champignons sont présents à cet endroit en quantité suffisante et ne cueillez jamais plus de la moitié de la population présente.
· Au total, ne cueillez pas plus de 1 kg par personne et par jour.
· Ne cueillez pas de tout jeunes champignons dont le chapeau n'est pas ouvert. Laissez leur le temps de croître et de répandre des spores avant de les cueillir.
· Ne cueillez pas les espèces rares ou en voie de disparition.
· Mangez seulement les champignons que vous avez identifiés avec certitude.
· N'abîmez pas les champignons que vous ne cueillez pas. Même ceux qui sont vénéneux pour vous, sont essentiels pour la survie de la forêt...
· La cueillette de champignons dans les réserves naturelles est strictement interdite.

Champignons vénéneux

Il n'y a pas de règle pour détecter la toxicité d'un champignon. Selon certains, une pièce ou une cuillère en argent noircirait au contact d'un champignon non vénéneux. C’est faux. Le goût n'est pas davantage un critère. Certaines amanites mortelles ont un goût très agréable. Seule une connaissance approfondie des champignons que vous cueillez permet d'éviter tout risque d'empoisonnement.
La consommation d'un champignon vénéneux peut provoquer une légère fièvre, des sueurs, des vomissements, de la diarrhée, des hallucinations et mener à l'hospitalisation pour cause d'affection du foie, pouvant entraîner la mort. Environ 90% des empoisonnements mortels sont dus au syndrome phalloïdien provoqué notamment par l'Amanite phalloïde.
Les champignons absorbent des métaux lourds, des herbicides et des pesticides provenant de leur environnement, surtout le long des routes. La consommation de ces champignons pollués peut provoquer des intoxications alimentaires.

En cas d'intoxication par des champignons, il convient de prendre contact avec le Centre Antipoisons : 070 / 245.245.

Mieux vaut ne pas cueillir que guérir.

Renseignements: IBGE . Info-Environnement : 02/775 75 75