CSPU
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La Dame aux Camélias
d’Alexandre Dumas


"Rien que pour vos yeux..."

Partenaire fidèle de la troupe du Collège dont il a plus d’une fois enregistré les prestations avec l’aide de quelques apprentis cameramen, notre collègue Paul CONVENS assume cette fois un rôle plus « spectaculaire » dans le déroulement de la fête, puisqu’aux décors visuel et sonore s’ajoutent des séquences filmées.

Comment est née l’idée d’un mariage entre théâtre et cinéma ?

L’idée était déjà dans l’air lors de la mise en chantier de Pygmalion, il y a deux ans. Luc Collin avait songé à cette possibilité avant d’y renoncer. Pour cette pièce-ci Jean-Claude Georges a cherché son inspiration du côté de Moulin rouge et de la Traviata, ce qui imposait presque irrésistiblement le recours aux images filmées. J’ai accepté sa proposition avec enthousiasme, d’autant que les moyens techniques ne manquent pas au Collège. Le défi était tentant et théoriquement réalisable.

Pour le Grand Meaulnes que Jean-Claude Georges, associé à Dominique Deffense, a réalisé en 1990, les paysages de Sologne « capturés » par Thierry Renauld ont permis une évocation presque parfaite du climat de l’œuvre. Est-ce dans cet esprit que le travail a été mené ?

Dans une certaine mesure, oui. Il faut dire que le roman d’Alain-Fournier et le drame de Dumas font la part belle aux aspects oniriques. La part du rêve y est telle que les images et la musique s’associent opportunément aux mots prononcés : ils peuvent accentuer l’expression du sentiment et contribuer à la création d’un climat. Mais le rôle de l’image, ici, dépasse cet aspect. L’image n’a rien de surajouté : elle s’inscrit dans le récit.

La coexistence des décors de théâtre et des images filmées n’a-t-elle pas suscité des problèmes techniques ?

Inévitablement. Il a fallu chercher un écran à la fois réfléchissant et transparent, un écran que le regard puisse traverser et auquel il puisse s’arrêter. Pour le reste, l’encombrement n’a pas été un problème insurmontable étant donné la discrétion du décor. Celui-ci se compose d’accessoires quasi symboliques qui ne réduisent guère le champ. Non, l’objectif essentiel a été l’interpénétration des deux techniques. L’alternance de séquences dramatiques et de séquences fi lmées aurait posé moins de problèmes. En optant pour l’imbrication, nous ne nous sommes pas facilité la vie. Le public jugera du résultat : n’anticipons pas !

Reste la question de la chronologie. L’intrigue a été déplacée à la fi n du 19ème siècle ou au début du 20ème , dans un univers coloré par l’art nouveau. Fort bien, mais comment filmer aujourd’hui des réalités qui renvoient au « modern style »?

En fait, nous avons opté pour le télescopage d’époques. Nous avons pris le parti de l’anachronisme. Ainsi, par exemple, Marguerite Gautier, comédienne d’autrefois, se prépare dans sa loge avant de monter sur scène pour chanter... aujourd’hui. D’autre part, le voyage de Marguerite est placé dans son contexte temporel. Le tournage des scènes « à l’ancienne » est en accord avec les costumes d’époque. Nous avons pu disposer, grâce à l’amabilité de M. Swaelens, d’un véhicule qui est un authentique ancêtre : une Amilcar 1924. Les tournages en extérieurs ont été réalisés dans la région des Trois Vallées, près de Mariembourg, où les responsables locaux nous ont réservé un merveilleux accueil. L’événement sortait de l’ordinaire : une équipe technique et une trentaine d’acteurs au bord du Viroin, à proximité d’un train à vapeur, témoin d’époques révolues... En revanche, les séquences du concert appartiennent au temps présent, à l’actualité du Collège.

Au total, que faut-il retenir du travail accompli ?

Un défi excitant a été relevé. Loin de rechercher la fi délité au texte de départ (un tantinet bavard, avouons-le), on a opté pour une recréation par l’image, la musique et le clip. On a tenté de suggérer par l’image et le son le défi lé du temps. Le jeu en valait bien la chandelle.

Voilà vraiment de quoi aiguiser notre curiosité et notre impatience!

André Leick